Choisir un artisan : les vérifications à faire avant de signer

4 min de lectureL'équipe iTravo

Un artisan en veste de travail présente des documents à un client attablé, devant un ordinateur portable et un porte-bloc

Choisir un artisan se joue rarement sur le prix. Cela se joue sur la capacité de l’entreprise à finir le chantier, et sur ce qu’il vous reste comme recours si elle n’y parvient pas.

Les vérifications ci-dessous prennent une demi-heure. C’est peu au regard d’un chantier à cinq chiffres.

Vérifier l’existence de l’entreprise

Le numéro SIRET figure obligatoirement sur le devis. Saisissez-le sur l’annuaire des entreprises : vous obtenez la raison sociale, la date de création, l’activité déclarée et l’état administratif.

Trois points méritent votre attention. Une entreprise créée il y a deux mois n’est pas disqualifiée, mais elle ne vous offre aucun historique. Une activité déclarée sans rapport avec vos travaux pose question. Et une entreprise en cessation d’activité ne doit évidemment plus émettre de devis.

Exiger l’attestation d’assurance décennale

C’est la vérification la plus importante, et la plus souvent négligée.

La garantie décennale couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à son usage. Elle est obligatoire pour tous les travaux de construction et de rénovation touchant au bâti.

Demandez l’attestation en cours de validité — pas une attestation de l’an dernier. Vérifiez trois choses : que les dates couvrent la période de votre chantier, que les activités déclarées correspondent à vos travaux (un plombier assuré uniquement en plomberie n’est pas couvert pour votre maçonnerie), et que la zone géographique vous inclut.

En cas de doute, appelez l’assureur : le numéro figure sur l’attestation, et une confirmation prend cinq minutes. Les fausses attestations existent.

Contrôler les qualifications quand elles conditionnent une aide

Les labels ne sont pas tous équivalents. La qualification RGE conditionne l’accès à MaPrimeRénov’ et aux certificats d’économies d’énergie : sans elle, pas d’aide, quelle que soit la qualité du travail. Elle se vérifie sur l’annuaire officiel des professionnels RGE.

Les qualifications Qualibat, Qualifelec ou Qualit’EnR attestent d’un niveau technique évalué par un organisme tiers. Elles ne sont pas obligatoires, mais elles ont été contrôlées — ce qui n’est pas le cas d’un logo apposé librement sur un site web.

Demander des références vérifiables

Un artisan installé a des chantiers récents à montrer. Demandez deux ou trois références de travaux comparables aux vôtres, réalisés dans les douze derniers mois, avec la possibilité d’appeler les clients.

Les questions utiles à poser à ces clients tiennent en quatre : les délais ont-ils été tenus, le prix final a-t-il correspondu au devis, comment se sont passées les finitions, et referiez-vous appel à cette entreprise ?

C’est sur les finitions que se révèle le sérieux d’une entreprise. Beaucoup de chantiers sont menés correctement à 90 % puis abandonnés sur les 10 % restants, ceux qui se voient tous les jours.

Les signaux qui doivent alerter

L’insistance à signer sur place. Un professionnel sûr de son prix vous laisse réfléchir.

Le paiement en espèces ou sans facture. Vous perdez toute garantie, tout recours et toute possibilité d’aide. L’économie apparente est un transfert de risque intégral vers vous.

Un acompte supérieur à 40 %. Rien ne le justifie sur un chantier courant.

Le refus de détailler le devis. Voir notre article sur les sept lignes à vérifier sur un devis.

Le démarchage à domicile non sollicité. C’est encadré par la loi et vous disposez de quatorze jours de rétractation, mais c’est surtout un mode de prospection qui coûte cher — et ce coût se retrouve nécessairement dans votre prix.

Ce que vous gardez comme recours

Même avec toutes ces vérifications, un chantier peut mal tourner. Deux réflexes limitent les dégâts : payer par virement ou par chèque, ce qui laisse une trace, et échelonner les paiements sur des étapes constatables.

Et surtout, rédigez un procès-verbal de réception à la fin du chantier, en y consignant les réserves éventuelles. C’est ce document qui fait courir les garanties légales — sans lui, votre position est nettement plus faible.

Le contrôle en amont

Ces vérifications sont à votre charge quand vous trouvez un artisan par vous-même. Chez iTravo, elles sont faites en amont : SIRET, assurance décennale en cours de validité et qualifications sont contrôlés avant qu’une entreprise puisse enchérir sur un devis. Les fonds, eux, restent séquestrés chez un prestataire de paiement agréé et ne sont libérés qu’à votre validation d’étape.

Cela ne vous dispense pas de lire le devis. Cela vous dispense de vérifier si l’entreprise existe vraiment.

Passez à l'action

Déposez votre devis : les artisans enchérissent dessus, à prestations égales.